
choice=,,,,,,,,, 
:A quatre heures dix-sept minutes du soir, pendant le lunch des passagers runis dans le grand salon, un choc, peu sensible, en somme, se produisit sur la coque du _Scotia_, par sa hanche et un peu en arrire de la roue de bbord.
:Le _Scotia_ n'avait pas heurt, il avait t heurt, et plutt par un instrument tranchant ou perforant que contondant. L'abordage avait sembl si lger que personne ne s'en ft inquit  bord, sans le cri des caliers qui remontrent sur le pont en s'criant :
:Tout d'abord, les passagers furent trs effrays ; mais le capitaine Anderson se hta de les rassurer. En effet, le danger ne pouvait tre imminent. Le _Scotia_, divis en sept compartiments par des cloisons tanches, devait braver impunment une voie d'eau.
:Restaient donc deux solutions possibles de la question, qui craient deux clans trs distincts de partisans : d'un ct, ceux qui tenaient pour un monstre d'une force colossale ; de l'autre, ceux qui tenaient pour un bateau  sous-marin  d'une extrme puissance motrice.
:Donc, aprs enqutes faites en Angleterre, en France, en Russie, en Prusse, en Espagne, en Italie, en Amrique, voire mme en Turquie, l'hypothse d'un Monitor sous-marin fut dfinitivement rejete.
: Si, au contraire, nous connaissons toutes les espces vivantes, il faut ncessairement chercher l'animal en question parmi les tres marins dj catalogus, et dans ce cas, je serai dispos  admettre l'existence d'un _Narwal gant_.
:Ces derniers mots taient une lchet de ma part ; mais je voulais jusqu' un certain point couvrir ma dignit de professeur, et ne pas trop prter  rire aux Amricains, qui rient bien, quand ils rient. Je me rservais une chappatoire. Au fond, j'admettais l'existence du  monstre .
:Trois heures avant que l'Abraham-Lincoln ne quittt la _pier_ de Brooklyn, je reus une lettre libelle en ces termes :
:Ce garon avait trente ans, et son ge tait  celui de son matre comme quinze est  vingt. Qu'on m'excuse de dire ainsi que j'avais quarante ans.
:Seulement, Conseil avait un dfaut. Formaliste enrag il ne me parlait jamais qu' la troisime personne -- au point d'en tre agaant.
:Un quart d'heure aprs, nos malles taient prtes. Conseil avait fait en un tour de main, et j'tais sr que rien ne manquait, car ce garon classait les chemises et les habits aussi bien que les oiseaux ou les mammifres.
:Le cortge des _boats_ et des _tenders_ suivait toujours la frgate, et il ne la quitta qu' la hauteur du _light-boat_ dont les deux feux marquent l'entre des passes de New York.
:Je crois que le commandant Farragut avait sagement fait d'engager cet homme  son bord. Il valait tout l'quipage,  lui seul, pour l'oeil et le bras. Je ne saurais le mieux comparer qu' un tlescope puissant qui serait en mme temps un canon toujours prt  partir.
:Et maintenant, quelle tait l'opinion de Ned Land sur la question du monstre marin ? Je dois avouer qu'il ne croyait gure  la licorne, et que, seul  bord, il ne partageait pas la conviction gnrale. Il vitait mme de traiter ce sujet, sur lequel je crus devoir l'entreprendre un jour.
: Comment, Ned, lui demandai-je, comment pouvez-vous ne pas tre convaincu de l'existence du ctac que nous poursuivons ? Avez-vous donc des raisons particulires de vous montrer si incrdule ? 
:-- Cependant, Ned, vous, un baleinier de profession, vous qui tes familiaris avec les grands mammifres marins, vous dont l'imagination doit aisment accepter l'hypothse de ctacs normes, vous devriez tre le dernier  douter en de pareilles circonstances !
:Le 20 juillet, le tropique du Capricorne fut coup par 105 de longitude, et le 27 du mme mois, nous franchissions l'quateur sur le cent dixime mridien. Ce relvement fait, la frgate prit une direction plus dcide vers l'ouest, et s'engagea dans les mers centrales du Pacifique.
:En observant Conseil, je constatai que ce brave garon subissait tant soit peu l'influence gnrale. Du moins, je le crus ainsi. Peut-tre, et pour la premire fois, ses nerfs vibraient-ils sous l'action d'un sentiment de curiosit.
:-- En effet, rpondit le commandant, et s'il possde en lui une puissance foudroyante, c'est  coup sr le plus terrible animal qui soit jamais sorti de la main du Crateur. C'est pourquoi, monsieur, je me tiendrai sur mes gardes. 
:-- Le mme bruit, monsieur, mais celui-ci est incomparablement plus fort. Aussi, ne peut-on s'y tromper. C'est bien un ctac qui se tient l dans nos eaux. Avec votre permission, monsieur, ajouta le harponneur, nous lui dirons deux mots demain au lever du jour.
:Cette poursuite se prolongea pendant trois quarts d'heure environ, sans que la frgate gagnt deux toises sur le ctac Il tait donc vident qu' marcher ainsi, on ne l'atteindrait jamais
:Voil un ordre amricain s'il en fut. On n'et pas mieux fait sur le Mississippi pour distancer une  concurrence  !
: Ah ! dit-il, cet animal-l va plus vite que l'_Abraham-Lincoln_ ! Eh bien : nous allons voir s'il distancera ses boulets coniques. Matre, des hommes  la pice de l'avant. 
:Un vieux canonnier  barbe grise - que je vois encore - , l'oeil calme, la physionomie froide, s'approcha de sa pice, la mit en position et visa longtemps. Une forte dtonation clata,  laquelle se mlrent les hurrahs de l'quipage.
:Le narwal semblait immobile. Peut-tre, fatigu de sa journe, dormait-il, se laissant aller  l'ondulation des lames ? Il y avait l une chance dont le commandant Farragut rsolut de profiter.
:Je fus d'abord entran  une profondeur de vingt pieds environ. Je suis bon nageur, sans prtendre galer Byron et Edgar Poe, qui sont des matres, et ce plongeon ne me fit point perdre la tte. Deux vigoureux coups de talons me ramenrent  la surface de la mer.
:Mon premier soin fut de chercher des yeux la frgate. L'quipage s'tait-il aperu de ma disparition ? L'_Abraham-Lincoln_ avait-il vir de bord ? Le commandant Farragut mettait-il une embarcation  la mer ? Devais-je esprer d'tre sauv ?
:L'imperturbable sang-froid de Conseil me remonta. Je nageai plus vigoureusement ; mais, gn par mes vtements qui me serraient comme un chape de plomb, j'prouvais une extrme difficult  me soutenir. Conseil s'en aperut.
:Cependant, la situation n'en tait pas moins terrible. Peut-tre notre disparition n'avait-elle pas t remarque, et l'et-elle t, la frgate ne pouvait revenir sous le vent  nous, tant dmonte de son gouvernail. Il ne fallait donc compter que sur ses embarcations.
:Conseil raisonna froidement dans cette hypothse et fit son plan en consquence. tonnante nature ! Ce phlegmatique garon tait l comme chez lui !
:Conseil fit un suprme effort, et, s'appuyant sur mon paule, tandis que je rsistais dans une dernire convulsion, il se dressa  demi hors de l'eau et retomba puis.
:En ce moment, aux dernires clarts de la lune qui s'abaissait vers l'horizon, j'aperus une figure qui n'tait pas celle de Conseil, et que je reconnus aussitt.
:Eh bien ! non ! Le dos noirtre qui me supportait tait lisse, poli, non imbriqu. Il rendait au choc une sonorit mtallique, et, si incroyable que cela ft, il semblait que, dis-je, il tait fait de plaques boulonnes.
:Quelques instants aprs, huit solides gaillards, le visage voil, apparaissaient silencieusement, et nous entranaient dans leur formidable machine.
: Mille diables ! s'criait-il, voil des gens qui en remonteraient aux Caldoniens pour l'hospitalit ! Il ne leur manque plus que d'tre anthropophages ! Je n'en serais pas surpris, mais je dclare que l'on ne me mangera pas sans que je proteste !
:Je recommenai le rcit de nos aventures, articulant nettement toutes mes syllabes, et sans omettre un seul dtail. Je dclinai nos noms et qualits ; puis, je prsentai dans les formes le professeur Aronnax, son domestique Conseil, et matre Ned Land, le harponneur.
:L'homme aux yeux doux et calmes m'couta tranquillement, poliment mme, et avec une attention remarquable. Mais rien dans sa physionomie n'indiqua qu'il et compris mon histoire. Quand j'eus fini, il ne pronona pas un seul mot.
: Allons,  votre tour, dis-je au harponneur. A vous, matre Land, tirez de votre sac le meilleur anglais qu'ait jamais parl un Anglo-Saxon. et tchez d'tre plus heureux que moi. 
:Enfin, pouss  bout, je rassemblai tout ce qui me restait de mes premires tudes, et j'entrepris de narrer nos aventures en latin. Cicron se ft bouch les oreilles et m'et renvoy  la cuisine, mais cependant, je parvins  m'en tirer. Mme rsultat ngatif.
:Cette dernire tentative dfinitivement avorte, les deux inconnus changrent quelques mots dans leur incomprhensible langage, et se retirrent, sans mme nous avoir adresse un de ces gestes rassurants qui ont cours dans tous les pays du monde. La porte se referma.
: C'est une infamie ! s'cria Ned Land, qui clata pour la vingtime fois. Comment ! on leur parle franais, anglais, allemand, latin,  ces coquins-l, et il n'en est pas un qui ait la civilit de rpondre !
:Comme il disait ces mots, la porte s'ouvrit. Un stewart entra. Il nous apportait des vtements, vestes et culottes de mer, faites d'une toffe dont je ne reconnus pas la nature. Je me htai de les revtir, et mes compagnons m'imitrent.
:Cependant, tout finit ici-bas, tout passe, mme la faim de gens qui n'ont pas mang depuis quinze heures. Notre apptit satisfait, le besoin de sommeil se fit imprieusement sentir. Raction bien naturelle, aprs l'interminable nuit pendant laquelle nous avions lutt contre la mort.
:Quelle fut la dure de ce sommeil, je l'ignore ; mais il dut tre long, car il nous reposa compltement de nos fatigues. Je me rveillai le premier. Mes compagnons n'avaient pas encore boug, et demeuraient tendus dans leur coin comme des masses inertes.
:J'en tais l de mes observations, quand Ned et Conseil s'veillrent presque en mme temps, sous l'influence de cette aration revivifiante. Ils se frottrent les yeux, se dtirrent les bras et furent sur pied en un instant.
:-- Une fois n'est pas coutume, rpondit srieusement le Canadien. Qui sait si ces gens-l ne sont pas privs depuis longtemps de chair frache, et dans ce cas, trois particuliers sains et bien constitus comme monsieur le professeur, son domestique et moi...
:-- Chassez ces ides, matre Land, rpondis-je au harponneur, et surtout. ne partez pas de l pour vous emporter contre nos htes, ce qui ne pourrait qu'aggraver la situation.
:-- En tout cas, dit le harponneur, j'ai une faim de tous les diables, et dner ou djeuner, le repas n'arrive gure !
:-- Matre Land, rpliquai-je, il faut se conformer au rglement du bord, et je suppose que notre estomac avance sur la cloche du matre-coq.
:-- Je vous reconnais l, ami Conseil, riposta l'impatient Canadien. Vous usez peu votre bile et vos nerfs ! Toujours calme ! Vous seriez capable de dire vos grces avant votre bndicit, et de mourir de faim plutt que de vous plaindre !
:Le harponneur. visiblement embarrass, se taisait. Une fuite, dans les conditions o le hasard nous avait jets, tait absolument impossible. Mais un Canadien est  demi franais, et matre Ned Land le fit bien voir par sa rponse.
:-- Pourquoi donc, monsieur ? Il peut se prsenter quelque chance favorable, et je ne vois pas ce qui pourrait nous empcher d'en profiter. S'ils ne sont qu'une vingtaine d'hommes  bord de cette machine, ils ne feront pas reculer deux Franais et un Canadien, je suppose ! 
:Ces rflexions traversrent rapidement mon esprit. pendant que l'trange personnage se taisait, absorb et comme retir en lui-mme. Je le considrais avec un effroi mlang d'intrt, et sans doute, ainsi qu'Oedipe considrait le Sphinx.
:Il se passait donc  bord des choses tout au moins singulires, et que ne devaient point voir des gens qui ne s'taient pas mis hors des lois sociales ! Entre les surprises que l'avenir me mnageait, celle-ci ne devait pas tre la moindre.
:Le capitaine Nemo me regardait. Je ne lui demandai rien, mais il devina mes penses, et il rpondit de lui-mme aux questions que je brlais de lui adresser.
: Capitaine Nemo, dis-je  mon hte, qui venait de s'tendre sur un divan, voil une bibliothque qui ferait honneur  plus d'un palais des continents, et je suis vraiment merveill, quand je songe qu'elle peut vous suivre au plus profond des mers.
: Monsieur, dis-je au capitaine, je vous remercie d'avoir mis cette bibliothque  ma disposition. Il y a l des trsors de science, et j'en profiterai.
: Monsieur le professeur, dit alors cet homme trange, vous excuserez le sans-gne avec lequel je vous reois, et le dsordre qui rgne dans ce salon.
:-- Monsieur, rpondis-je, sans chercher  savoir qui vous tes, m'est-il permis de reconnatre en vous un artiste ?
:Le capitaine Nemo se tut et sembla perdu dans une rverie profonde. Je le considrais avec une vive motion, analysant en silence les trangets de sa physionomie. Accoud sur l'angle d'une prcieuse table de mosaque, il ne me voyait plus, il oubliait ma prsence.
:-- Monsieur le professeur, ces mmes instruments se trouvent dans ma chambre, et c'est l que j'aurai le plaisir de vous expliquer leur emploi. Mais auparavant, venez visiter la cabine qui vous est rserve. Il faut que vous sachiez comment vous serez install  bord du Nautilus. 
:-- Ce sont les instruments habituels au navigateur, rpondis-je, et j'en connais l'usage. Mais en voici d'autres qui rpondent sans doute aux exigences particulires du Nautilus. Ce cadran que j'aperois et que parcourt une aiguille mobile, n'est-ce pas un manomtre ?
:-- C'est un manomtre, en effet. Mis en communication avec l'eau dont il indique la pression extrieure, il me donne par l mme la profondeur  laquelle se maintient mon appareil.
: Il est un agent puissant, obissant, rapide, facile, qui se plie  tous les usages et qui rgne en matre  mon bord. Tout se fait par lui. Il m'claire, il m'chauffe, il est l'me de mes appareils mcaniques. Cet agent, c'est l'lectricit.
:-- Cependant, capitaine, vous possdez une extrme rapidit de mouvements qui s'accorde mal avec le pouvoir de l'lectricit. Jusqu'ici, sa puissance dynamique est reste trs restreinte et n'a pu produire que de petites forces !
:A la cuisine succdait le poste de l'quipage, long de cinq mtres. Mais la porte en tait ferme, et je ne pus voir son amnagement, qui m'et peut-tre fix sur le nombre d'hommes ncessit par la manoeuvre du Nautilus.
:Au fond s'levait une quatrime cloison tanche qui sparait ce poste de la chambre des machines. Une porte s'ouvrit, et je me trouvai dans ce compartiment o le capitaine Nemo - ingnieur de premier ordre,  coup sr - avait dispos ses appareils de locomotion.
:-- Aucunement, monsieur le professeur, me rpondit le capitaine, aprs une lgre hsitation. puisque vous ne devez jamais quitter ce bateau sous-marin. Venez dans le salon. C'est notre vritable cabinet de travail, et l, vous apprendrez tout ce que vous devez savoir sur le Nautilus ! 
:Un instant aprs, nous tions assis sur un divan du salon, le cigare aux lvres. Le capitaine mit sous mes yeux une pure qui donnait les plan, coupe et lvation du Nautilus. Puis il commena sa description en ces termes :
:-- Purement fortuite, monsieur. Je naviguais  deux mtres au-dessous de la surface des eaux, quand le choc s'est produit. J'ai d'ailleurs vu qu'il n'avait eu aucun rsultat fcheux.
:Le capitaine Nemo parlait avec une loquence entranante. Le feu de son regard, la passion de son geste, le transfiguraient. Oui ! il aimait son navire comme un pre aime son enfant !
:Le capitaine pressa trois fois un timbre lectrique. Les pompes commencrent  chasser l'eau des rservoirs ; l'aiguille du manomtre marqua par les diffrentes pressions le mouvement ascensionnel du Nautilus, puis elle s'arrta.
:Une heure entire, je demeurai plong dans ces rflexions, cherchant  percer ce mystre si intressant pour moi. Puis mes regards se fixrent sur le vaste planisphre tal sur la table, et je plaai le doigt sur le point mme o se croisaient la longitude et la latitude observes.
:-- Mes amis, rpondis-je en leur faisant signe d'entrer, vous n'tes ni au Canada ni en France, mais bien  bord du Nautilus, et  cinquante mtres au-dessous du niveau de la mer.
:Je n'avais pas besoin d'encourager Conseil. Le brave garon, pench sur les vitrines. murmurait dj des mots de la langue des naturalistes : classe des Gastropodes, famille des Buccinodes, genre des Porcelaines, espces des Cypra Madagascariensis, etc.
: Rien vu, rien entendu ! rpondit le Canadien. Je n'ai pas mme aperu l'quipage de ce bateau. Est-ce que, par hasard, il serait lectrique aussi, lui ?
:Et sur ce sujet, une discussion s'leva entre les deux amis, car ils connaissaient les poissons, mais chacun d'une faon trs diffrente.
:Le Canadien connaissait peut-tre cette distinction, mais Conseil en savait bien davantage, et maintenant, li d'amiti avec Ned. il ne pouvait admettre qu'il ft moins instruit que lui. Aussi lui dit-il :
: Ami Ned, vous tes un tueur de poissons, un trs habile pcheur. Vous avez pris un grand nombre de ces intressants animaux. Mais je gagerais que vous ne savez pas comment on les classe.
:-- Quinto, dit Conseil, les lophobranches, qui ont les mchoires compltes et libres, mais dont les branchies sont formes de petites houppes. disposes par paires le long des arcs branchiaux. Cet ordre ne compte qu'une famille. Type : les hippocampes, les pgases dragons.
:-- Pas le moins du monde, ami Conseil, rpondit le harponneur. Mais allez toujours, car vous tes trs intressant.
:La journe entire se passa, sans que je fusse honor de la visite du capitaine Nemo. Les panneaux du salon ne s'ouvrirent pas. Peut-tre ne voulait-on pas nous blaser sur ces belles choses.
:Ce jour-l, je commenai le journal de ces aventures, ce qui m'a permis de les raconter avec la plus scrupuleuse exactitude, et, dtail curieux, je l'crivis sur un papier fabriqu avec la zostre marine.
:Cinq jours s'coulrent ainsi, sans que la situation se modifit. Chaque matin, je montais sur la plate-forme. La mme phrase tait prononce par le mme individu. Le capitaine Nemo ne paraissait pas.
:-- Eh bien ! il faut accepter, rpliqua le Canadien. Une fois sur la terre ferme, nous aviserons  prendre un parti. D'ailleurs, je ne serai pas fch de manger quelques morceaux de venaison frache. 
:Sans chercher  concilier ce qu'il y avait de contradictoire entre l'horreur manifeste du capitaine Nemo pour les continents et les les, et son invitation de chasser en fort, je me contentai de rpondre :
:Ned Land hocha la tte sans rpondre, puis Conseil et lui me quittrent. Aprs un souper qui me fut servi par le stewart muet et impassible, je m'endormis, non sans quelque proccupation.
:-- Eh bien, capitaine, comment se fait-il que vous, qui avez rompu toute relation avec la terre, vous possdiez des forts dans l'le Crespo ?
: Dcidment, il a le cerveau malade, pensai-je. Il a eu un accs qui a dure huit jours, et mme qui dure encore. C'est dommage ! Je l'aimais mieux trange que fou ! 
:-- En effet, mais dans ces conditions, l'homme n'est pas libre. Il est rattache  la pompe qui lui envoie l'air par un tuyau de caoutchouc, vritable chane qui le rive  la terre, et si nous devions tre ainsi retenus au Nautilus, nous ne pourrions aller loin.
:Puis, nous arrivmes  une cellule situe en abord prs de la chambre des machines, et dans laquelle nous devions revtir nos vtements de promenade.
:-- Bon ! fit le harponneur dsappoint, qui voyait s'vanouir ses rves de viande frache. Et vous, monsieur Aronnax, vous allez vous introduire dans ces habits-l ?
:Il y avait loin, on le voit, de ces scaphandres perfectionns aux vtements informes, tels que les cuirasses de lige, les soubrevestes, les habits de mer, les coffres, etc., qui furent invents et prns dans le XVIIIe sicle.
:-- En ce moment, monsieur le professeur, le Nautilus est chou par dix mtres d'eau, et nous n'avons plus qu' partir.
:La lampe Ruhmkorff suspendue  ma ceinture, le fusil  la main, j'tais prt  partir. Mais, pour tre franc, emprisonn dans ces lourds vtements et clou au tillac par mes semelles de plomb, il m'et t impossible de faire un pas.
:Cependant, nous allions toujours, et la vaste plaine de sable semblait tre sans bornes. J'cartais de la main les rideaux liquides qui se refermaient derrire moi, et la trace de mes pas s'effaait soudain sous la pression de l'eau.
:Cette fort se composait de grandes plantes arborescentes, et, ds que nous emes pntr sous ses vastes arceaux. mes regards furent tout d'abord frapps d'une singulire disposition de leurs ramures disposition que je n'avais pas encore observe jusqu'alors.
:Autre effet  noter. C'tait le passage de nuages pais qui se formaient et s'vanouissaient rapidement ; mais en rflchissant, je compris que ces prtendus nuages n'taient dus qu' l'paisseur variable des longues lames de fond, et j'apercevais mme les  moutons
: cumeux que leur crte brise multipliait sur les eaux. Il n'tait pas jusqu' l'ombre des grands oiseaux qui passaient sur nos ttes, dont je ne surprisse le rapide effleurement  la surface de la mer.
:J'tais donc tendu sur le sol, et prcisment  l'abri d'un buisson de varechs, quand, relevant la tte, j'aperus d'normes masses passer bruyamment en jetant des lueurs phosphorescentes.
:Trs heureusement, ces voraces animaux y voient mal. Ils passrent sans nous apercevoir, nous effleurant de leurs nageoires bruntres, et nous chappmes, comme par miracle,  ce danger plus grand,  coup sr, que la rencontre d'un tigre en pleine fort.
:L, nos habits de scaphandre furent retirs, non sans peine, et, trs harass, tombant d'inanition et de sommeil, je regagnai ma chambre, tout merveill de cette surprenante excursion au fond des mers.
: Voyez cet ocan, monsieur le professeur, n'est-il pas dou d'une vie relle ? N'a-t-il pas ses colres et ses tendresses ? Hier, il s'est endormi comme nous, et le voil qui se rveille aprs une nuit paisible ! 
:Il est certain que le capitaine Nemo n'attendait de moi aucune rponse, et il me parut inutile de lui prodiguer les  Evidemment , les  A coup sr , et les  Vous avez raison . Il se parlait plutt  lui-mme, prenant de longs temps entre chaque phrase. C'tait une mditation  voix haute.
:Pendant les jours, pendant les semaines qui s'coulrent, le capitaine Nemo fut trs sobre de visites. Je ne le vis qu' de rares intervalles. Son second faisait rgulirement le point que je trouvais report sur la carte, de telle sorte que je pouvais relever exactement la route du Nautilus.
:En pleine lumire lectrique, une norme masse noirtre, immobile, se tenait suspendue au milieu des eaux. Je l'observai attentivement, cherchant  reconnatre la nature de ce gigantesque ctac. Mais une pense traversa subitement mon esprit.
:Quelle scne ! Nous tions muets, le coeur palpitant, devant ce naufrage pris sur le fait, et, pour ainsi dire, photographi  sa dernire minute ! Et je voyais dj s'avancer, l'oeil en feu, d'normes squales, attirs par cet appt de chair humaine !
:Les hasards de sa navigation avaient prcisment conduit le Nautilus vers l'le Clermont-Tonnerre, l'une des plus curieuses du groupe, qui fut dcouvert en 1822, par le capitaine Bell, de _la Minerve_. Je pus alors tudier ce systme madrporique auquel sont dues les les de cet Ocan.
:Ce jour-l, c'tait Nol, et Ned Land me sembla regretter vivement la clbration du  Christmas , la vritable fte de la famille, dont les protestants sont fanatiques.
:Je lui racontai ce que les derniers travaux de Dumont d'Urville avaient fait connatre, travaux dont voici le rsum trs succinct.
:Ses recherches furent vaines. L'_Esprance_ et la _Recherche_ passrent mme devant Vanikoro sans s'y arrter, et, en somme, ce voyage fut trs malheureux, car il cota la vie  d'Entrecasteaux,  deux de ses seconds et  plusieurs marins de son quipage.
:Dillon revint  Calcutta. L, il sut intresser  sa dcouverte la Socit Asiatique et la Compagnie des Indes. Un navire, auquel on donna le nom de la _Recherche_, fut mis  sa disposition, et il partit, le 23 janvier 1827, accompagn d'un agent franais.
:La _Recherche_, aprs avoir relch sur plusieurs points du Pacifique, mouilla devant Vanikoro, le 7 juillet 1827, dans ce mme havre de Vanou, o le Nautilus flottait en ce moment.
:Le 10 fvrier 1828, I '_Astrolabe_ se prsenta devant Tikopia, prit pour guide et interprte un dserteur fix sur cette le, fit route vers Vanikoro, en eut connaissance le 12 fvrier, prolongea ses rcifs jusqu'au 14, et, le 20 seulement, mouilla au-dedans de la barrire, dans le havre de Vanou.
:Dumont d'Urville, interrogeant les naturels, apprit aussi que La Prouse, aprs avoir perdu ses deux navires sur les rcifs de l'le, avait construit un btiment plus petit, pour aller se perdre une seconde fois... O ? On ne savait.
:Puis, Dumont d'Urville voulut partir ; mais ses quipages taient mins par les fivres de ces ctes malsaines, et, trs malade lui-mme, il ne put appareiller que le 17 mars.
: Ainsi, me dit-il, on ne sait encore o est all prir ce troisime navire construit par les naufrags sur l'le de Vanikoro ?
:Le capitaine Nemo ne rpondit rien, et me fit signe de le suivre au grand salon. Le Nautilus s'enfona de quelques mtres au-dessous des flots, et les panneaux s'ouvrirent.
:Les autres, affaiblis, malades, partirent avec La Prouse. Ils se dirigrent vers les les Salomon, et ils prirent, corps et biens, sur la cte occidentale de l'le principale du groupe, entre les caps Dception et Satisfaction !
:-- Pour mon compte, Conseil, ce n'est point l ce qui me tourmente, et je m'accommode trs bien du rgime du bord.
:Ce dtroit de Torrs est regard comme non moins dangereux par les cueils qui le hrissent que par les sauvages habitants qui frquentent ses ctes. Il spare de la Nouvelle-Hollande la grande le de la Papouasie, nomme aussi Nouvelle-Guine.
:Profitant de cette situation, mes deux compagnons et moi, nous avions pris place sur la plate-forme toujours dserte. Devant nous s'levait la cage du timonier, et je me trompe fort, ou le capitaine Nemo devait tre l, dirigeant lui-mme son Nautilus.
:Autour du Nautilus la mer bouillonnait avec furie. Le courant de flots, qui portait du sud-est au nord-ouest avec une vitesse de deux milles et demi, se brisait sur les coraux dont la tte mergeait  et l.
:-- Il faut, reprit le Canadien, que ce damn capitaine soit bien certain de sa route, car je vois l des pts de coraux qui mettraient sa coque en mille pices, si elle les effleurait seulement ! 
:Je me demandais dj si le capitaine Nemo, imprudent jusqu' la folie, voulait engager son navire dans cette passe o touchrent les deux corvettes de Dumont d'Urville, quand, modifiant une seconde fois sa direction et coupant droit  l'ouest, il se dirigea vers l'le Gueboroar.
:Il tait alors trois heures aprs-midi. Le flot se cassait, la mare tant presque pleine. Le Nautilus s'approcha de cette le que je vois encore avec sa remarquable lisire de pendanus. Nous la rangions  moins de deux milles.
:Soudain, un choc me renversa. Le Nautilus venait de toucher contre un cueil, et il demeura immobile, donnant une lgre gte sur bbord.
:Ceci dit, le capitaine Nemo, suivi de son second, redescendit  l'intrieur du Nautilus. Quant au btiment, il ne bougeait plus et demeurait immobile. comme si les polypes coralliens l'eussent dj maonn dans leur indestructible ciment.
:-- Mais ne saurait-on tter, au moins, de ce terrain ? reprit Ned Land. Voil une le. Sur cette le, il y a des arbres. Sous ces arbres. des animaux terrestres, des porteurs de ctelettes et de roastbeefs, auxquels je donnerais volontiers quelques coups de dents.
:-- Bon ! monsieur Aronnax, rpondit le Canadien, dont les dents semblaient tre afftes comme un tranchant de hache, mais je mangerai du tigre, de l'aloyau de tigre, s'il n'y a pas d'autre quadrupde dans cette le.
:A huit heures et demie, le canot du Nautilus venait s'chouer doucement sur une grve de sable, aprs avoir heureusement franchi l'anneau coralligne qui entourait l'le de Gueboroar.
:-- Ned ! Ned ! que dites-vous l ! rpliqua Conseil. Vous, anthropophage ! Mais je ne serai plus en sret prs de vous, moi qui partage votre cabine ! Devrai-je donc me rveiller un jour  demi dvor ?
:Tandis que s'changeaient ces divers propos, nous pntrions sous les sombres votes de la fort, et pendant deux heures, nous la parcourmes en tous sens.
:Je veux parler de l'arbre  pain, trs abondant dans l'le Gueboroar, et j'y remarquai principalement cette varit dpourvue de graines, qui porte en malais le nom de  Rima .
:Ces fruits ne renfermaient aucun noyau. Conseil en apporta une douzaine  Ned Land, qui les plaa sur un feu de charbons, aprs les avoir coups en tranches paisses, et ce faisant, il rptait toujours :
:-- Ce n'est mme plus du pain, ajouta le Canadien. C'est une ptisserie dlicate. Vous n'en avez jamais mange, monsieur ?
:Au bout de quelques minutes, la partie des fruits expose au feu fut compltement charbonne. A l'intrieur apparaissait une pte blanche, sorte de mie tendre, dont la saveur rappelait celle de l'artichaut.
:Conseil observait toujours Ned. Le harponneur marchait en avant, et, pendant sa promenade  travers la fort, il glanait d'une main sre d'excellents fruits qui devaient complter sa provision.
:Nous revnmes donc  travers la fort, et nous compltmes notre rcolte en faisant une razzia de chouxpalmistes qu'il fallut cueillir  la cime des arbres, de petits haricots que je reconnus pour tre les  abrou  des Malais, et d'ignames d'une qualit suprieure.
:Nous dbarqumes, et, pensant qu'il valait mieux s'en rapporter  l'instinct du Canadien, nous suivmes Ned Land dont les longues jambes menaaient de nous distancer.
:Aprs avoir travers une assez grasse prairie, nous arrivmes  la lisire d'un petit bois qu'animaient le chant et le vol d'un grand nombre d'oiseaux.
:-- Continuons donc la chasse, rpondit Conseil, mais en revenant vers la mer. Nous sommes arrivs aux premires pentes des montagnes, et je pense qu'il vaut mieux regagner la rgion des forts. 
:-- Mais non, mon garon. Tu as fait l un coup de matre. Prendre un de ces oiseaux vivants, et le prendre  la main !
:-- Trs rare, mon brave compagnon, et surtout trs difficile  prendre vivant. Et mme morts, ces oiseaux sont encore l'objet d'un important trafic. Aussi, les naturels ont-ils imagin d'en fabriquer comme on fabrique des perles ou des diamants.
:Le Canadien le dpouilla et le vida proprement, aprs en avoir retir une demi-douzaine de ctelettes destines  fournir une grillade pour le repas du soir. Puis, cette chasse fut reprise, qui devait encore tre marque par les exploits de Ned et de Conseil.
:Ces animaux taient de petite taille. C'tait une espce de ces  kangaroos-lapins , qui gtent habituellement dans le creux des arbres, et dont la vlocit est extrme ; mais s'ils sont de mdiocre grosseur, ils fournissent, du moins, la chair la plus estime.
:Nous tions trs satisfaits des rsultats de notre chasse. Le joyeux Ned se proposait de revenir le lendemain  cette le enchante, qu'il voulait dpeupler de tous ses quadrupdes comestibles. Mais il comptait sans les vnements.
:Ned Land, sans plus tarder, s'occupa de la grande affaire du dner. Il s'entendait admirablement  toute cette cuisine. Les ctelettes de  bari-outang , grilles sur des charbons, rpandirent bientt une dlicieuse odeur qui parfuma l'atmosphre !...
:Mais je m'aperois que je marche sur les traces du Canadien. Me voici en extase devant une grillade de porc frais ! Que l'on me pardonne, comme j'ai pardonn  matre Land, et pour les mmes motifs !
:Vingt minutes plus tard, nous montions  bord. Les panneaux taient ouverts. Aprs avoir amarr le canot, nous rentrmes  l'intrieur du Nautilus.
:-- Oui, capitaine, rpondis-je, mais nous avons malheureusement ramen une troupe de bipdes dont le voisinage me parat inquitant.
:J'appelai donc Conseil qui m'apporta une petite drague le gre,  peu prs semblable  celles qui servent  pcher les hutres.
:Je poussai un cri de dsespoir ! Conseil se jeta sur mon fusil, et visa un sauvage qui balanait sa fronde  dix mtres de lui. Je voulus l'arrter, mais son coup partit et brisa le bracelet d'amulettes qui pendait au bras de l'indigne.
: Voil qui est fait, monsieur, me dit-il, aprs quelques instants. Le canot est en place, et les panneaux sont ferms. Vous ne craignez pas, j'imagine, que ces messieurs dfoncent des murailles que les boulets de votre frgate n'ont pu entamer ?
:-- Eh bien, monsieur, qu'ils montent. Je ne vois aucune raison pour les en empcher. Au fond, ce sont de pauvres diables, ces Papouas, et je ne veux pas que ma visite  l'le Gueboroar cote la vie  un seul de ces malheureux ! 
:Puis, la carte  la main, nous revmes les travaux du navigateur franais, ses voyages de circumnavigation, sa double tentative au ple Sud qui amena la dcouverte des terres Adlie et Louis-Philippe, enfin ses levs hydrographiques des principales les de l'Ocanie.
: Mon garon, rpondis-je, lorsque j'ai eu l'air de croire que son Nautilus tait menace par les naturels de la Papouasie, le capitaine m'a rpondu trs ironiquement. Je n'ai donc qu'une chose  dire : Aie confiance en lui, et va dormir en paix.
:Je travaillai dans ma chambre jusqu' midi, sans avoir vu, mme un instant, le capitaine Nemo. On ne paraissait faire  bord aucun prparatif de dpart.
:Je me dirigeai vers l'escalier central. L, Ned Land et Conseil, trs intrigus, regardaient quelques hommes de l'quipage qui ouvraient les panneaux, tandis que des cris de rage et d'pouvantables vocifrations rsonnaient au-dehors.
:Dcidment, le Nautilus ne fuyait pas les mers frquentes de l'Europe, et j'en conclus qu'il nous ramnerait - peut-tre avant peu vers des continents plus civiliss. Je pensai que Ned Land apprendrait cette particularit avec une satisfaction trs naturelle.
:Le 18 janvier, le Nautilus se trouvait par 105 de longitude et 15 de latitude mridionale. Le temps tait menaant, la mer dure et houleuse. Le vent soufflait de l'est en grande brise. Le baromtre, qui baissait depuis quelques jours, annonait une prochaine lutte des lments.
:En effet, la table tait prpare. Il tait vident que le capitaine Nemo avait donn cet ordre en mme temps qu'il faisait hter la marche du Nautilus.
:Nous nous mmes  table. Le repas se fit assez silencieusement. Je mangeai peu. Conseil  se fora , toujours par prudence, et Ned Land, quoi qu'il en et, ne perdit pas un coup de dent. Puis, le djeuner termin, chacun de nous s'accota dans son coin.
:Je pris le pouls du bless. Il tait intermittent. Les extrmits du corps se refroidissaient dj, et je vis que la mort s'approchait, sans qu'il me part possible de l'enrayer. Aprs avoir pans ce malheureux, je rajustai les linges de sa tte, et je me retournai vers le capitaine Nemo.
:Le lendemain matin, je montai sur le pont. Le capitaine Nemo m'y avait prcd. Ds qu'il m'aperut. il vint  moi.
:Du mourant ou du mort il ne fut pas question. Je rejoignis Ned Land et Conseil. Je leur fis connatre la proposition du capitaine Nemo. Conseil s'empressa d'accepter, et, cette fois, le Canadien se montra trs dispos  nous suivre.
:Au milieu de la clairire, sur un pidestal de rocs grossirement entasss, se dressait une croix de corail, qui tendait ses longs bras qu'on et dit faits d'un sang ptrifi.
:Quand ce fut fait, le capitaine Nemo et ses hommes se redressrent ; puis, se rapprochant de la tombe, tous flchirent encore le genou, et tous tendirent leur main en signe de suprme adieu...
:Ds que mes vtements furent changs, je remontai sur la plate-forme, et, en proie  une terrible obsession d'ides, j'allai m'asseoir prs du fanal.
