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:Il y avait  une mme auge un boeuf et un ne. Un jour qu'il tait assis prs d'eux, et qu'il se divertissait  voir jouer devant lui ses enfants, il entendit que le boeuf disait  l'ne :
:Ce discours produisit l'effet qu'en avait attendu l'ne. Le boeuf en fut trangement troubl et en beugla d'effroi. Le marchand, qui les avait couts tous deux avec beaucoup d'attention, fit alors un si grand clat de rire, que sa femme en fut trs-surprise :
:Sire, dit-elle, votre majest veut-elle bien me permettre de donner cette satisfaction  ma soeur ? - Trs-volontiers, rpondit le sultan. Alors Scheherazade dit  sa soeur d'couter ; et puis, adressant la parole  Schahriar, elle commena de la sorte :
:Ayant donc pris la rsolution de ne pas faire ter la vie  Scheherazade ce jour-l, il se leva pour faire sa prire et aller au conseil.
:Sur la fin de la septime nuit, Dinarzade ne manqua pas de rveiller la sultane : Ma chre soeur, lui dit-elle, si vous ne dormez pas, je vous supplie en attendant le jour qui paratra bientt, de me conter la suite de ce beau conte que vous ne ptes achever hier.
:Salomon, s'cria d'abord le gnie, Salomon, grand prophte de Dieu, pardon, pardon, jamais je ne m'opposerai  vos volonts. J'obirai  tous vos commandements... Scheherazade, apercevant le jour, interrompit l son conte.
:Quand le gnie vit qu'on lui faisait une adjuration qui le contraignait de rpondre positivement, il trembla en lui-mme, et dit au pcheur : Demande-moi ce que tu voudras, et hte-toi...
:Schahriar et la princesse son pouse passrent cette nuit de la mme manire que les prcdentes, et avant que le jour part, Dinarzade les rveilla par ces paroles, qu'elle adressa  la sultane : Ma soeur, je vous prie de reprendre le conte du pcheur.
:- Vous en entendrez bien d'autres demain, rpondit Scheherazade, si le sultan, mon matre, a la bont de me prolonger encore la vie. Schahriar, qui ne dsirait pas moins ardemment que Dinarzade d'entendre la suite de l'histoire du mdecin Douban, n'eut garde de faire mourir la sultane ce jour-l.
:Alors les courtisans qui taient prsents, mus de compassion, supplirent le roi de lui faire grce, assurant qu'il n'tait pas coupable, et rpondant de son innocence. Mais le roi fut inflexible, et leur parla de sorte qu'ils n'osrent lui rpliquer.
:Le mdecin, pendant ce temps-l, mit ordre  ses affaires ; et comme le bruit s'tait rpandu qu'il devait arriver un prodige inou aprs son trpas, les vizirs, les mirs, les officiers de la garde, enfin toute la cour se rendit le jour suivant dans la salle d'audience pour en tre tmoin.
:Mais, sire, dit Scheherazade, j'aperois le jour ; il faut que je m'arrte en cet endroit : - Ma soeur, dit alors Dinarzade, que les derniers vnements que vous venez de raconter sont surprenants !
:Ma chre soeur, s'cria Dinarzade, suivant sa coutume, si vous ne dormez pas, je vous prie de poursuivre et d'achever le beau conte du pcheur. La sultane prit aussitt la parole, et parla en ces termes :
:Sire, aprs que les quatre poissons eurent rpondu  la jeune dame, elle renversa encore la casserole d'un coup de baguette, et se retira dans le mme endroit de la muraille d'o elle tait sortie. Le grand vizir ayant t tmoin de ce qui s'tait pass :
:Ma chre soeur, lui dit-elle, si vous ne dormez pas, je vous supplie de continuer le merveilleux conte que vous ne ptes achever hier. - J'y consens, rpondit la sultane ; coutez-moi :
:Nous nous couchmes ensuite, et bientt aprs, croyant que j'tais endormi, quoique je ne le fusse pas, elle se leva avec si peu de prcaution, qu'elle dit assez haut : Dors, et puisses-tu ne te rveiller jamais ! Elle s'habilla promptement, et sortit de la chambre...
:Quand je vis que mes discours, au lieu de la faire rentrer dans son devoir, ne servaient qu' irriter sa fureur, je cessai de lui parler, et me retirai. Elle continua de visiter tous les jours son amant, et durant deux annes entires elle ne fit que se dsesprer.
:En effet, le sultan, en s'entretenant sur ce sujet avec le jeune prince, aprs lui avoir dclar qui il tait et pourquoi il tait entr dans ce chteau, imagina un moyen de le venger, qu'il lui communiqua.
:Scheherazade aperut le jour en cet endroit, ce qui l'empcha de continuer son rcit : Bon Dieu ! ma soeur, dit Dinarzade, voil une magicienne bien barbare ! Mais en demeurerons-nous l, et ne nous apprendrez-vous pas si elle reut le chtiment qu'elle mritait ? -
:Cependant la magicienne retourna au Palais des Larmes, et en entrant, comme elle croyait toujours parler au noir : Cher amant, lui dit-elle, j'ai fait ce que vous m'avez ordonn : rien ne vous empche de vous lever et de me donner par l une satisfaction dont je suis prive depuis si longtemps.
:Pour le pcheur, comme il tait la premire cause de la dlivrance du jeune prince, le sultan le combla de biens, et le rendit, lui et sa famille, trs-heureux le reste de leurs jours.
:Dinarzade, rveille avant le jour, adressa ces paroles  la sultane : Ma soeur, si vous ne dormez pas, je vous prie de poursuivre l'histoire que vous commentes hier. Scheherazade aussitt la continua de cette manire :
:Le porteur,  moiti endormi et la tte chauffe du vin qu'il avait bu, se trouva choqu de ces paroles, et, sans se lever de sa place, rpondit aux calenders, en les regardant firement :
:Trs-volontiers, rpondit Scheherazade. En mme temps elle continua de cette manire le conte de la nuit prcdente.
:L'entretien tant tomb sur les divertissements et les diffrentes manires de se rjouir, les calenders se levrent et dansrent  leur mode une danse qui augmenta la bonne opinion que les dames avaient dj conue d'eux, et qui leur attira l'estime du calife et de sa compagnie.
:Amine ayant un peu prlud pour voir si l'instrument tait d'accord, joua et chanta presque aussi longtemps sur le mme sujet, mais avec tant de vhmence, et elle tait si touche, ou, pour mieux dire, si pntre du sens des paroles qu'elle chantait, que ses forces lui manqurent en achevant.
:Dinarzade, qui prenait toujours un plaisir extrme aux contes de la sultane, la rveilla vers la fin de la nuit suivante. Ma chre soeur, lui dit-elle, si vous ne dormez pas, poursuivez, je vous en conjure, l'agrable histoire des calenders.
:Scheherazade en tait l lorsque le jour, venant  paratre, l'empcha de passer outre. Le sultan se leva, fort en peine de savoir le dessein du prince et de la dame, qui semblaient vouloir s'enterrer tout vifs. Il attendit impatiemment la nuit suivante pour en tre clairci.
:Voil quel est le chtiment de ce monde ; mais celui de l'autre durera ternellement. Il ne se contenta pas d'avoir prononc ces paroles, il se dchaussa et donna sur la joue de son fils un coup de sa babouche.
:Nous remontmes par le mme escalier et sortmes enfin de ce lieu funeste. Nous abaissmes la trappe de fer et la couvrmes de terre et des matriaux dont le spulcre avait t bti, afin de cacher autant qu'il nous tait possible un effet si terrible de la colre de Dieu.
:- Prince, me rpondit-elle en souriant, laissez l ce discours. Je compte pour rien le plus beau jour du monde pourvu que de dix vous m'en donniez neuf et que vous cdiez le dixime au gnie. -
:Scheherazade n'en put dire davantage, car le jour paraissait. Le sultan fut indign de la malice de l'envieux. Je souhaite fort, dit-il en lui-mme, qu'il n'arrive point de mal au bon derviche. J'espre que j'appendrai demain que le ciel ne l'abandonna point dans cette occasion.
:Peu de temps aprs, le premier vizir mourut. Le sultan mit le derviche  sa place. Et le sultan tant mort lui-mme sans enfants mles, les ordres de religion et de milice assembls, le bon homme fut dclar et reconnu sultan d'un commun consentement.
:Scheherazade voulait poursuivre ce conte ; mais le jour, qui vint  paratre, lui imposa silence. Le sultan jugea bien par le commencement que la sultane ne l'avait pas tromp. Ainsi, il n'y a pas lieu de s'tonner s'il ne la fit pas encore mourir ce jour-l.
:Le quarantime arriva. Le matin, le jeune homme en s'veillant me dit, avec un transport de joie dont il ne fut pas le matre :
