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:Et l-dessus notre orgueilleuse se roidit et redressa si fort la tte, qu'elle tomba du fichu dans l'vier que la cuisinire tait en train de laver.
:Le tesson continua sa route, mais l'aiguille s'arrta dans le ruisseau.  L ! je ne bouge plus ; je suis trop fine ; mais j'ai bien droit d'en tre fire !
:Mais personne ne l'entendait. En attendant, la cire s'tait dtache, et l'aiguille tait redevenue noire des pieds  la tte ; mais le noir fait paratre la taille plus svelte, elle se croyait donc plus fine que jamais.
:-- Mademoiselle, je suis un gentleman, dit firement le faux col ; je possde un tire-botte et une brosse  cheveux. Il mentait impudemment : car c'tait  son matre que ces objets appartenaient ; mais il savait qu'il est toujours bon de se vanter.
:Oh ! lui dit le faux col, vous devez tre une premire danseuse ; quelle merveilleuse agilit vous avez dans les jambes ! Jamais je n'ai rien vu de plus charmant ; aucun homme ne saurait faire ce que vous faites.
:-- Vous mriteriez d'tre comtesse ; tout ce que je possde, je vous l'offre en vrai gentleman (c'est--dire moi, mon tire-botte et ma brosse  cheveux).
:-- Tu auras l, dit le vieux Chinois, un mari qu'on croirait presque fait de bois d'acajou, qui peut te donner un titre ronflant, qui possde toute l'argenterie de l'armoire, sans compter ce qu'il garde dans des cachettes mystrieuses.
:-- Je ne veux pas du tout aller dans la sombre armoire, protesta la petite bergre, je me suis laiss dire qu'il y avait l-dedans onze femmes en porcelaine !
:Mais quand ils furent sur le parquet et qu'ils levrent les yeux vers l'armoire, ils y virent une terrible agitation. Les cerfs avanaient la tte, dressaient leurs bois et tournaient le cou, le sergentmajorgnralcommandantenchefauxpiedsdebouc bondit et cria :
:Mais ds qu'ils furent  nouveau sur le parquet, levant les yeux vers la table, ils aperurent le vieux Chinois rveill qui vacillait de tout son corps. Il s'effondra comme une masse sur le parquet.
:-- Voil le vieux Chinois qui arrive, cria la petite bergre, et elle tait si contrarie qu'elle tomba sur ses jolis genoux de porcelaine.
:-- On peut trs bien le requinquer, affirma le ramoneur. Il n'y a qu' le recoller, ne sois pas si dsole. Si on lui colle le dos et si on lui met une patte de soutien dans la nuque, il sera comme neuf et tout prt  nous dire de nouveau des choses dsagrables.
:-- Que vous tes devenu hautain depuis que vous avez t cass, dit le sergentmajorgnralcommandantenchefauxpiedsdebouc . Il n'y a pas l de quoi tre fier. Aurai-je ou n'aurai-je pas ma bergre ?
:Dix mois se passrent, lorsque Frdric nous manda qu'il s'tait fianc l-bas avec une charmante jeune fille ; dans la lettre se trouvait une photographie. Comme nous l'examinmes avec empressement ! Le bisaeul prit sa loupe et la regarda longtemps.
:Il avait, en effet, au lieu d'yeux, deux gros morceaux de charbon de terre brillant et sa bouche tait faite d'un vieux rteau, de telle faon qu'on voyait toutes ses dents. Le bonhomme de neige tait n au milieu des cris de joie des enfants.
:-- Je ne le comprends pas du tout, se dit  lui-mme le Bonhomme de neige, mais j'ai le pressentiment qu'il m'annonce quelque chose de dsagrable. Et puis, cette boule qui m'a regard si fixement avant de disparatre, et qu'il appelle le soleil, je sens bien qu'elle aussi n'est pas mon amie.
:-- Quel spectacle magnifique ! s'cria une jeune fille qui se promenait dans le jardin avec un jeune homme. Ils s'arrtrent prs du Bonhomme de neige et regardrent les arbres qui tincelaient. Mme en t, on ne voit rien de plus beau !
:-- Est-ce donc quelque chose de si beau qu'un pole ? reprit le Bonhomme de neige aprs un instant de rflexion.
:Ici repose une veuve qui avait le chant du cygne sur les lvres et de la bile de chouette dans le coeur. Elle rendait visite aux familles pour y pcher tous leurs pchs, exactement comme l'ami de l'ordre dnonait son prochain.
:Le soldat grimpa dans l'arbre, se laissa glisser dans le trou, et le voil, comme la sorcire l'avait annonc, dans la galerie o brillaient des centaines de lampes. Il ouvrit la premire porte. Oh ! le chien qui avait des yeux grands comme des soucoupes le regardait fixement.
:Mais quel horrible spectacle ! Les yeux du chien qui se tenait l taient vraiment grands chacun comme la Tour Ronde de Copenhague et ils tournaient dans sa tte comme des roues.
:Dieu !... que d'or ! Il pourrait acheter tout Copenhague avec a, tous les cochons en sucre des ptissiers et les soldats de plomb et les fouets et les chevaux  bascule du monde entier. Quel trsor !
:Puis la sorcire le hissa jusqu'en haut et le voil sur la route avec ses poches, son sac, son kpi, ses bottes pleines d'or !
:-- On ne peut pas la voir du tout, lui rpondait-on. Elle habite un grand chteau aux toits de cuivre entour de murailles et de tours. Seul le roi peut entrer chez elle  sa guise car on lui a prdit que sa fille pouserait un simple soldat ; et un roi n'aime pas a du tout.
:C'est tout de mme dommage qu'on ne puisse voir cette princesse. On dit qu'elle est si charmante...  quoi bon si elle doit toujours rester prisonnire dans le grand chteau aux toits de cuivre avec toutes ces tours ? Est-il vraiment impossible que je la voie ? O est mon briquet ?
:Une des vieilles dames de la cour reut l'ordre de veiller toute la nuit suivante auprs du lit de la princesse pour voir si c'tait vraiment un rve ou bien ce que cela pouvait tre !
:Le chien, en revenant avec la princesse, vit la croix sur le portail et traa des croix sur toutes les portes de la ville. Et a, c'tait trs malin de sa part ; ainsi la dame de la cour ne pourrait plus s'y reconnatre.
:L-dessus, elle lui fit un beau noeud au mouchoir qu'il avait autour du cou, bien mieux que lui-mme n'et su le faire. Puis elle lissa son chapeau avec la main pour que la poussire s'y attacht moins et l'embrassa. Le voil parti sur son cheval, pour le vendre ou l'changer.
:-- Diable ! voil une fameuse oie ! S'cria-t-il. Elle a beaucoup de plumes et est bien grasse. a ferait bien l'affaire de la mre ! Elle pourrait lui donner nos restes, car elle dit souvent : Tiens ! si nous avions une oie pour manger a ! Veux-tu changer ton oie pour mon mouton ?
:Il y avait l une poule attache par les pattes. Elle manquait d'tre crase  chaque instant. C'tait une trs belle poule, avec des plumes trs courtes sur la queue. Elle clignait des yeux et faisait : Glouk ! glouk ! Je ne puis vous dire ce qu'elle voulait dire par l, mais le paysan s'cria :
:L'change fait, ils entrrent  l'auberge. L notre homme mit son sac prs du four qui tait brlant. L'htesse n'y prit pas garde.
:Il y avait derrire la fort, prs du grand lac, un vieux manoir entour d'un foss profond o croissaient des joncs et des roseaux. Tout prs du pont qui conduisait  la porte cochre, il y avait un vieux saule qui penchait ses branches au-dessus du foss.
:-- Pousse si tu peux, lui dit-il, et fournis leur une bonne flte aux gens de l haut ! Puis il entra dans le chteau, mais non dans la grande salle, car il tait trop peu de chose pour cela. Il se mla aux gens de service qui regardrent ses marchandises et en achetrent.
:Il y avait grande runion au chteau : htes venus de la capitale ou des environs, dames vtues avec got ou sans got. La grande salle tait pleine d'invits. Le fils du pasteur se tenait modestement dans un coin.
:On allait donner un grand concert. Le petit baron avait apport sa flte de saule, mais il ne savait pas souffler dedans, ni son pre non plus.
:-- Mais vous tes aussi un virtuose ! dit au prcepteur un des invits. Vous jouez de la flte. Vous nous jouerez bien quelque chose ?
:En mme temps, il tendit au prcepteur la petite flte taille prs de l'abreuvoir. Puis il annona trs haut et trs distinctement que le prcepteur du chteau allait excuter un morceau sur la flte.
:Le prcepteur, comprenant qu'on allait se moquer de lui, ne voulait pas jouer, bien qu'il st. Mais on le pressa, on le fora, et il finit par prendre la flte et la porter  sa bouche.
:Le merveilleux instrument ! Il mit un son strident comme celui d'une locomotive ; on l'entendit dans tout le chteau, et par-del la fort. En mme temps s'levait une tempte de vent qui sifflait :
:L'aimable cavalier  qui l'on devait ce jeu de flte, celui qui tait fils de son pre, alla droit au poulailler.
:Pas sitt, rpondit le chanvre ; voil une bonne matine, le soleil brille, la pluie me fait du bien, je me sens crotre et fleurir. Ah ! je suis bien heureux !
:C'est  partir d'aujourd'hui seulement que je suis quelque chose. Voil ma destine ; je suis bni, car je suis utile dans le monde. Il faut cela pour tre content soi-mme. Nous sommes douze morceaux, c'est vrai, mais nous formons un seul corps, une douzaine. Quelle incomparable flicit !
:Le soleil brillait et chauffait la cosse, la pluie l'claircissant, il y faisait tide et agrable, clair le jour, sombre la nuit comme il sied, les pois devenaient toujours plus grands et plus rflchis, assis l en rang, il fallait bien qu'ils s'occupent.
:Crac ! voil la cosse dchire et tous les cinq roulrent dehors au gai soleil dans la main d'un petit garon qui les dclara bons pour son fusil de sureau, et il en mit un tout de suite dans son fusil... et tira.
:-- Je m'endors o je tombe, dirent les deux suivants, mais je roulerai srement encore. Ils roulrent d'abord sur le parquet avant d'tre placs dans le fusil.
:Il partit jusqu' la vieille planche au-dessous de la fentre de la mansarde, juste dans une fente o il y avait de la mousse et de la terre molle-- la mousse se referma sur lui et il resta l cach... mais Notre-Seigneur ne l'oubliait pas.
:Cependant la petite fille malade restait l, elle restait couche, patiente et silencieuse tout le jour tandis que sa mre tait dehors pour gagner un peu d'argent.
:Le lit de la malade fut tran plus prs de la fentre pour qu'elle puisse voir le petit pois qui germait et la mre partit  son travail.
:La petite fille pencha sa tte en avant et posa un baiser tout doucement sur les fins ptales. Ce jour-l, fut un jour de fte.
:-- C'est le Bon Dieu qui a lui-mme plant ce pois et l'a fait pousser afin de te donner de l'espoir et de la joie, mon enfant bnie. Et  moi aussi, dit la mre tout heureuse.
:Le ruisseau lui donna raison. L-haut,  la fentre sous le toit, la petite fille les yeux brillants la rose de la sant aux joues, joignait les mains au-dessus de la fleur de pois et remerciait Dieu.
:-- Avec ces sabots, dit-il, je ne pourrais vous suivre assez vite. Et, de plus, il me semble que la cloche doit tre  droite ; n'est-ce pas l la place rserve  tout ce qui est magnifique et excellent ?
:-- Au revoir, mon pre bien-aim ! Je te promets d'tre toujours un homme de devoir, ainsi tu peux prier le Bon Dieu que tout aille bien pour moi.
:Dans la campagne o marchait Johanns, les fleurs dressaient leurs ttes fraches et gracieuses que la brise caressait. Elles semblaient dire au jeune homme :
:Vers le soir, le temps devint mauvais, Johanns se htait pour se mettre  l'abri mais bientt il fit nuit noire. Enfin il parvint  une petite glise tout  fait isole sur une hauteur. Heureusement la porte tait entrebille.
:Je vais m'asseoir dans un coin, pensa-t-il, je suis fatigu et j'ai bien besoin de me reposer un peu. Il s'assit, joignit les mains pour faire sa prire et bientt s'endormit et fit un rve tandis que l'orage grondait au-dehors, que les clairs luisaient.
:Ils empochrent l'argent de Johanns, riant  grands clats de sa bont nave et s'en furent. Johanns replaa le corps dans la bire, lui joignit les mains, dit adieu et s'engagea satisfait dans la grande fort.
:Trs vite ils se prirent en amiti car ils taient de braves garons tous les deux. Mais Johanns s'aperut que l'tranger tait bien plus malin que lui-mme, il avait presque fait le tour du monde et savait parler de tout.
:C'tait vraiment une jolie comdie, mais  l'instant o la reine se levait et commenait  marcher, le chien fit un bond jusqu'au milieu de la scne, happa la reine par sa fine taille. On entendit : cric ! crac ! C'tait affreux !
:-- Quelle vilaine princesse ! dit Johanns, elle mriterait d'tre fouette, cela lui ferait du bien. Si j'tais le vieux roi elle en verrait de belles.
:-- Chacun a le droit de prtendre  sa main, mme le plus pauvre des gueux, moi je monterai au chteau, c'est plus fort que moi.
:L, il ne tarit pas sur la faon charmante dont la princesse l'avait reu et sur sa beaut. Il avait hte d'tre au lendemain, de monter au chteau, de tenter sa chance. Mais son camarade hochait la tte tout triste.
:Le thtre tait ferm, dans les ptisseries on avait nou un crpe noir autour des petits cochons en sucre, le roi et les prtres taient  genoux dans l'glise.
:-- coute, fit le sorcier, je vais te dire : tu vas prendre quelque chose de trs facile, alors il n'en aura pas l'ide. Pense  l'un de tes souliers, il ne devinera jamais, tu lui feras couper la tte, mais n'oublie pas, en revenant demain, de m'apporter ses yeux, je veux les manger.
:-- Autant a qu'autre chose, fit Johanns. Tu as peut-tre rv juste. En tout cas j'espre toujours que le bon Dieu m'aidera. Je vais tout de mme te dire adieu car si je rponds de travers, je ne te reverrai plus jamais.
:Le camarade de voyage ne se tint pas de joie lorsqu'il apprit que tout avait bien march. Quant  Johanns, il joignit les mains et remercia Dieu qui l'aiderait srement encore les deux autres fois. Le lendemain dj il faudrait recommencer une nouvelle preuve.
:Le soir Johanns se mit au lit de bonne heure, il fit sa prire et s'endormit tout tranquille tandis que le compagnon de route fixait les ailes sur son dos, le sabre  son ct, prenait avec lui les trois verges avant de s'envoler vers le chteau.
:La nuit tait trs sombre, la tempte arrachait les tuiles des toits, les arbres dans le jardin o pendaient les squelettes ployaient comme des joncs.
:Elle lui raconta que Johanns avait encore devin juste la deuxime fois, s'il en tait de mme demain, il aurait gagn et elle ne pourrait plus jamais venir voir le sorcier dans la montagne, jamais plus russir de ces tours de magie qui lui plaisaient. Elle en tait toute triste et inquite.
:Il s'empressa d'ouvrir le mouchoir et recula lui-mme trs effray en apercevant la hideuse tte du sorcier. Un frmissement courut dans l'assistance.
:Le soir toute la ville fut illumine, les soldats tirrent le canon, les gamins faisaient partir des ptards, on but et on mangea, on trinqua et on dansa au chteau. Les nobles seigneurs et les jolies demoiselles dansaient ensemble, on les entendait chanter de trs loin :
:Le mariage dura tout un mois. Johanns et la princesse s'aimaient d'amour tendre, le vieux roi vcut de longs jours heureux, il laissait leurs tout petits enfants monter  cheval sur son genou et mme jouer avec le sceptre. Et Johanns rgnait sur tout le pays.
:-- Les pigeons sont grands, luisants et brillants comme la nacre, ils ressemblent mme  des coqs de girouette. Mais ils sont gros et btes, n pensent qu' s'empiffrer et sont trs ennuyeux, disait le coq de girouette.
:Les poules accoururent, les poussins accoururent et vous le savez bien, ds que l'un se met  courir les autres font de mme. Les poules caquetaient, les poussins caquetaient et regardaient le coq avec admiration. Ils en taient fiers, il tait de leur famille.
:Et le coq se dtacha du toit. Mais il ne tua pas le coq de poulailler mme si c'tait ce qu'il voulait, affirmrent les poules. Et quel enseignement en tirerons-nous ?
:-- Justice m'a t rendue, dit-il ; du reste, j'avais assez de parents et d'amis parmi le jury, et j'tais sr de mon affaire. Mais que le colimaon ait reu le second prix, cela, je trouve que c'est presque une offense pour moi.
:-- Oui, mais c'est l votre malheur, rpliqua le poteau. Vous tes trop vagabonde, toujours par monts et par vaux. Vous filez comme une flche  l'tranger quand il commence  geler chez nous. Vous n'avez pas de patriotisme.
:-- C'est possible, rpondait la mre crapaude, mais l'un d'eux a une pierre prcieuse dans la tte, ou bien je l'ai moi-mme.
:-- C'est un bijou, rpondit la mre crapaude, si beau et si prcieux, que je ne peux mme pas le dcrire. On le porte pour son propre plaisir et les autres vous l'envient. Mais ne me demandez plus rien, je ne rpondrai pas.
:Il tait assis l et regardait les tiges serres et il regardait aussi vers le ciel, le soleil brillait sur les feuilles transparentes, il avait l'impression que nous prouvons, nous autres hommes, en pntrant dans une grande fort o le soleil luit entre les branches et les feuilles des arbres.
:Il traversa un champ et arriva  une mare entoure de joncs. Il regarda les joncs avec intrt et s'aperut qu'il y avait l des grenouilles.
:-- C'est peut-tre trop mouill pour vous, lui dirent-elles. tes-vous un mle ou une femelle ? Qu'importe ! vous tes en tout cas le bienvenu.
:Il fit quelques pas,  sa manire d'animal rampant, et se trouva sur la route. Des gens vivaient l ; il y avait des jardins fleuris et des potagers. Il se reposa devant un carr de choux.
:-- Mais ne trouves-tu pas que c'est trs beau cette croyance populaire qui veut que le crapaud, le plus laid des animaux, possde souvent dans sa tte le plus prcieux des joyaux ?
:Le jacassement du pre cigogne se fit entendre sur le toit de la ferme. Il faisait une confrence  sa famille et lanait de mauvais regards aux deux jeunes gens.
:Voil un beau discours, pensa le petit crapaud. Quel grand homme et comme il sige haut ! Et comme il nage bien, s'cria-t-il quand le pre cigogne tendit ses ailes et s'lana dans les airs.
:Mort tait le petit crapaud. Et que devenaient les tincelles ? Les rayons du soleil emportrent le joyau qui tait dans la tte du petit animal.
:Elle ne put cependant leur jeter un sort aussi affreux qu'elle l'aurait voulu : ils se transformrent en onze superbes cygnes sauvages et, poussant un trange cri, ils s'envolrent par les fentres du chteau vers le parc et la fort.
:Voyant cela, la mchante reine se mit  la frotter avec du brou de noix, enduisit son joli visage d'une pommade nausabonde et emmla si bien ses superbes cheveux qu'il tait impossible de reconnatre la belle Elisa.
:Son pre en la voyant en fut tout pouvant et ne voulut croire que c'tait l sa fille, personne ne la reconnut, sauf le chien de garde et les hirondelles, mais ce sont d'humbles btes dont le tmoignage n'importe pas.
:Une fois rhabille, quand elle eut tress ses longs cheveux, elle alla  la source jaillissante, but dans le creux de sa main et s'enfona plus profondment dans la fort sans savoir elle-mme o aller.
:Elle conduisit Elisa un bout de chemin jusqu' un talus au pied duquel serpentait la rivire. Les arbres sur ses rives tendaient les unes vers les autres leurs branches touffues.
:-- L'eau roule inlassablement et par elle ce qui est dur s'adoucit, moi, je veux tre tout aussi inlassable qu'elle. Merci  vous pour cette leon, vagues claires qui roulez ! Un jour, mon coeur me le dit, vous me porterez jusqu' mes frres chris.
:De ses mains dlicates, elle arrachait les orties qui brlaient comme du feu formant de grosses cloques douloureuses sur ses mains et ses bras mais elle tait contente de souffrir pourvu qu'elle pt sauver ses frres. Elle foula chaque ortie avec ses pieds nus et tordit le lin vert.
:Elisa secoua la tte, elle n'osait parler, le salut et la vie de ses frres en dpendaient. Elle cacha ses jolies mains sous son tablier pour que le roi ne vt pas sa souffrance.
:Une seule personne l'avait vue : l'archevque rest debout tandis que les autres dormaient. Ainsi il avait donc eu raison dans ses soupons malveillants sur la reine, elle n'tait qu'une sorcire !
:Les petites souris couraient sur le plancher et tranaient des orties jusqu' ses pieds afin de l'aider de leur mieux, et un merle se posa devant la fentre et siffla toute la nuit pour qu'elle ne perdt pas courage.
:-- Voyez la sorcire, qu'est-ce qu'elle marmonne ? Elle n'a bien sr pas de livre de psaumes dans les mains, mais bien toutes ses sorcelleries ; arrachez-lui a, mettez tout en pices.
:Toutes les cloches des glises se mirent  sonner d'elles-mmes et les oiseaux arrivrent, volant en grandes troupes. Le retour au chteau fut un nouveau cortge nuptial comme aucun roi au monde n'en avait jamais vu.
:Souvent, par les beaux jours d't, les phmres venaient s'battre et tourbillonner gaiement autour de sa couronne ; une fois, une de ces petites cratures, aprs avoir voltig longuement au milieu d'une joyeuse ronde, vint se reposer sur une des belles feuilles du chne.
:Et, tout  coup, le chne prouva comme si un nouveau et puissant courant de vie partant des extrmits de ses racines le traversait de part en part, montant jusqu' sa cime, jusqu'au bout de ses plus hautes feuilles.
:-- Mais, dit le chne, o est donc reste la petite fleur bleue qui borde le ruisseau, et la clochette, et la pquerette ?
:Et il se sentit de nouveau grandir ; soudainement ses racines se dtachrent de terre. C'est ce qu'il y a de mieux, pensa-t-il ; me voil dgag de tous liens ; je puis m'lancer vers la lumire ternelle et m'y prcipiter avec tous les tres chris qui m'entourent, grands et petits, tous !
:-- Tiens, dit un matelot, l'arbre de la falaise, le grand chne, qui nous servait de point de repre pour reconnatre la cte, a disparu. Hier encore, je l'ai aperu de loin ; c'est la tempte qui l'a abattu.
:Ce fut l'oraison funbre prononce sur la fin du vieux chne, qui tait tendu sur la nappe de neige qui lui servait de linceul ; elle tait toute  son honneur et bien mrite, ce qui est si rare.
: bord du navire, les marins entonnrent les psaumes et les cantiques de Nol, qui clbrent la dlivrance des hommes par le Fils de Dieu, qui leur a ouvert la voie de la vie ternelle : La promesse est accomplie, chantaient-ils. Le Sauveur est n. Oh ! joie sans pareille ! Allluia ! Allluia !
:Et ils sentaient leurs coeurs levs vers le ciel et transports, tout comme le vieux chne, dans son dernier rve, s'tait senti entran vers la lumire ternelle.
:-- En effet, tout m'a t donn, acquiesa le rosier, mais vous avez reu encore bien davantage ! Vous tes de ces natures qui rflchissent et mditent et vous avez un grand talent qui, un jour, tonnera le monde.
:-- Avec plaisir, si un conte venait tout seul, mais il est souvent capricieux et n'arrive que lorsque a lui chante. Stop ! s'cria-t-il tout d'un coup, en voil un ! Attention, il est l sur la thire !
:-- Oh ! bien sr, les Romains et les Grecs auraient dit que c'tait une dryade, mais nous ne connaissons plus tout a. Ici,  Nyboder, on l'appelle la fe du Sureau. Regarde-la bien et coute-moi....
:-- Oui, dit-il, et l, dans le coin, il y avait un grand baquet d'eau, mon bateau, que j'avais taill moi-mme, y naviguait ! Mais bientt, c'est moi qui devais naviguer d'une autre manire.
:-- Mais je ne savais pas que c'tait toi ! Tu tais arriv en mme temps que la lettre et tu tais si beau !... Tu l'es encore. Tu avais un grand mouchoir de soie jaune dans la poche et un surot reluisant. Tu tais trs lgant. Dieu, quel temps et comme la rue tait sale !
:Peu aprs arrivrent les enfants et petits-enfants ; ils savaient, eux, qu'on ftait les noces d'or, ils avaient dj le matin apport leurs voeux. Les vieux l'avaient oubli, alors qu'ils se rappelaient si bien ce qui s'tait pass de longues annes auparavant.
:Nous voil partis, dit le petit garon,  des lieues de chez nous, nous allons jusqu'au chteau o nous tions l'an pass. Et ils tournaient et tournaient autour de la pelouse, la petite fille, qui n'tait autre que la fe, s'criait :
:Tout ce dont parlait la petite fille assise derrire, sur la canne, se droulait devant eux ; le garon le voyait, et cependant ils ne tournaient qu'autour de la pelouse.
:Ils marchrent la main dans la main, comme les vieux tant enfants, mais ils ne montrent pas sur la Tour Ronde et ne visitrent pas le jardin de Frederiksberg, non, la petite fille tenait le garon par la taille et ils volaient  travers le Danemark.
:Dans la salle on allumait l'arbre de Nol. C'tait l'heure des cadeaux et de la bonne humeur ; dans la campagne le violon chantait ; chez les paysans les beignets de pommes sautaient dans la graisse et mme les plus pauvres enfants disaient : Que c'est bon l'hiver !
: mesure qu'il la regardait, elle devenait de plus en plus frache, il lui semblait sentir le parfum des forts danoises. Au milieu des ptales de la fleur, il voyait la petite fille aux clairs yeux bleus et elle lui murmurait : Qu'il fait bon au printemps, en t, en automne, en hiver.
:Le vieil homme ouvrit son livre de psaumes ; la fleur de sureau tait l, frache comme si on venait de l'y dposer. Alors, Souvenir sourit, les deux vieux avec leur couronne d'or sur la tte, assis dans la lueur rouge du soleil couchant, fermrent les yeux et l'histoire est finie.
:Le petit garon, dans son lit, ne savait pas s'il avait dormi ou s'il avait entendu un conte. La thire tait l, sur la table, mais aucun sureau n'en jaillissait, et le vieux monsieur qui avait racont l'histoire, allait justement s'en aller.
:-- Comme c'tait joli, maman, dit le petit garon. J'ai t dans les pays chauds.-- Oui, a, je veux bien le croire, dit la mre, quand on a dans le corps deux tasses de tisane de sureau brlante, on doit bien se sentir dans les pays chauds.
:-- N'es-tu pas alle souvent devant le grand chteau que le roi habite l't, o il y a un parc dlicieux tout plein de fleurs ? Tu as vu les cygnes qui nagent vers toi quand tu leur donnes des miettes de pain, c'est l qu'il y a un vrai bal, je t'assure !
:-- Elles sont  l'intrieur du chteau, dit l'tudiant. Ds que le roi et les gens de la cour s'installent  la ville, les fleurs montent du parc au chteau et elles sont d'une gaiet folle.
:-- Si, souviens-toi lorsque tu iras l-bas de jeter un coup d'oeil  travers la fentre, tu les verras bien. Je l'ai fait aujourd'hui, il y avait une grande jonquille jaune tendue sur le divan, elle croyait tre une dame d'honneur !
:-- Il se peut du reste que les fleurs du jardin botanique n'aient jamais t au chteau du roi, ni mme qu'elles sachent combien les ftes y sont gaies.
:Le silence tait complet dans la chambre d'Ida, la veilleuse brlait sur la table, son pre et sa mre dormaient.
:Il tait trs joli, aprs tout, ce martinet.  son sommet tait une petite poupe de cire qui avait sur la tte un large chapeau.
:La verge de la Mi-Carme sauta sur ses trois jambes de bois rouge, en plein milieu des fleurs. Elle se mit  taper trs fort des pieds car elle dansait la mazurka, et cette danse-l, les autres fleurs ne la connaissaient pas.
:Les fleurs prirent alors le martinet de s'arrter, surtout celles qui avaient couch dans le lit de poupe, et cette danse cessa.
:Les cousins norvgiens taient deux garons pleins de sant s'appelant Jonas et Adolphe. Leur pre leur avait fait cadeau de deux arcs, et ils les avaient apports pour les montrer  Ida. Elle leur raconta l'histoire des pauvres fleurs qui taient mortes et ils durent les enterrer.
:Voil donc la bouteille relance en plein dans le tourbillon du monde. Le matelot, Pierre Jensen, la reut avec plaisir et l'emporta  bord de son btiment, le mme justement que commandait le jeune capitaine dont il vient d'tre parl.
:Voil qu'un jour s'lve une tempte ; d'normes et lourdes vagues soulvent le btiment avec violence. Le grand mt se brise, une voie d'eau se dclare ; les pompes restent impuissantes. Il faisait nuit noire. Le navire sombra.
:Le navire disparut, tout l'quipage disparut ; la bouteille rebondissait de vague en vague, lgre et alerte comme il convient  une messagre qui porte un dernier billet doux. Dans ces prgrinations elle eut le bonheur de n'tre ni pousse contre des rochers, ni avale par un requin.
:On la lava et la rina, ce n'tait pas de trop. Enfin, elle se sentit de nouveau toute propre et transparente ; son ancienne gaiet lui revint. Quant au papier, qu'elle avait jusqu'alors gard fidlement, il prit dans la lessive.
:Elle vit passer prs d'elle un jeune couple de fiancs ; ils ne regardaient pas la fte ; c'est  cela qu'on les reconnaissait. Ils rappelrent  la bouteille le jeune capitaine et la jolie fille du fourreur et toute la scne du bois.
:Voil une singulire faon de voyager, se dit la bouteille ; elle a cet avantage qu'on n'a pas au milieu de l'atmosphre  craindre de choc.
:Un peu plus loin il aperut une grande maison de ferme ; les volets taient ferms, mais les rayons de lumire passaient  travers les fentes.  On m'accordera bien un gte pour la nuit, pensa-t-il, et il alla frapper  la porte.
:Une paysanne, la matresse de la maison, vint ouvrir ; Claus prsenta sa demande, mais elle lui rpondit qu'il et  passer son chemin, que son mari n'tait pas l et qu'en son absence elle ne recevait pas d'trangers.
:Claus, qui n'avait pas soup, tendait le cou et regardait avidement ces savoureuses victuailles. Et ne voil-t-il pas qu'il aperoit encore un magnifique gteau tout dor qui tait destin au dessert. Quel rgal cela faisait !
:Si le sacristain tait all dire bonsoir  la fermire, c'est qu'il savait le matre de la maison absent ; la paysanne, qui ne partageait pas les prjugs de son mari, lui avait prpar ce beau festin.
:Il leva la tte et aperut petit Claus. Celui-ci raconta ce qui lui tait arriv et demanda la permission de rester sur le toit de chaume.
:Il avait plac sous la table le sac avec la peau de cheval, et il avait ses pieds dessus. Dans son dpit de ne rien goter de toutes ces bonnes choses, il eut un mouvement d'impatience et il appuya brusquement du pied sur le sac ; la peau frachement sche craqua bruyamment.
:La fermire fit galement l'tonne et se garda bien de risquer une observation ; elle servit sur la table rti, poisson et gteau, et les deux hommes s'en rgalrent  coeur joie.
:Le fermier chercha et aperut en effet les bouteilles, que la pauvre femme fut contrainte de dboucher et de placer sur la table. Les deux hommes s'en versrent de copieuses rasades, et le fermier devint trs joyeux.
:-- C'est entendu, dit le paysan. Il faut aussi que tu emportes cette caisse l bas ; je ne veux plus l'avoir une minute  la maison. On ne sait pas, peut-tre le diable y est-il rest log.
:-- Ma foi, j'en ai assez de traner cette sotte caisse ; elle est lourde comme si elle tait pleine de pierres. Je m'en vais la jeter  l'eau ; si elle surnage, je la repcherai bien quand elle passera devant ma maison ; si elle va au fond, la perte ne sera pas grande.
:Et il empoigna le coffre, et commena  le soulever, comme s'il voulait le placer sur le parapet et le prcipiter dans la rivire.
:Voil qu'au milieu de la nuit la porte s'ouvre et grand Claus entre une hache  la main. Il savait o se trouvait le lit de petit Claus, il s'y dirige sur la pointe des pieds et frappe du ct de l'oreiller un terrible coup avec sa hache ; il fend la tte de la morte.
:L'aubergiste tait trs riche et c'tait un excellent homme ; mais il avait un terrible dfaut : il tait colre  l'excs ;  la moindre contrarit, il clatait comme s'il n'avait t que poudre et salptre.
:Et il recommena encore deux ou trois fois.  la fin la colre lui monta au cerveau en voyant ddaigner son hydromel, dont il tait si fier ; il jeta, dans sa fureur, le verre  la tte de la vieille, qui sous le choc tomba sur le ct.
:Petit Claus, qui tait aux aguets derrire la fentre, se prcipita dehors, et empoignant l'aubergiste au collet :
:Petit Claus accepta le march, reut un boisseau plein de beaux cus neufs et sa grand-mre fut magnifiquement enterre.
:Et il courut chez lui encore plus vite qu'il n'tait venu, prit une hache et tua d'un coup sa pauvre grand-mre. Il chargea son corps sur une voiture et s'en fut  la ville trouver un apothicaire de sa connaissance, pour lui demander s'il ne savait pas un mdecin qui voult acheter un cadavre.
:Ce sont des habits impayables, pensa le grand-duc ; grce  eux, je pourrai connatre les hommes incapables de mon gouvernement : je saurai distinguer les habiles des niais. Oui, cette toffe m'est indispensable.
:Quelques temps aprs, le grand-duc envoya un autre fonctionnaire honnte pour examiner l'toffe et voir si elle s'achevait. Il arriva  ce nouveau dput la mme chose qu'au ministre ; il regardait toujours, mais ne voyait rien.
:-- Voici le pantalon, voici l'habit, voici le manteau. C'est lger comme de la toile d'araigne. Il n'y a pas danger que cela vous pse sur le corps, et voil surtout en quoi consiste la vertu de cette toffe.
:Leur pre donna  chacun d'eux un beau cheval, noir comme le charbon pour celui  la mmoire impeccable, blanc comme neige pour le matre en sciences corporatives et broderie, puis ils se graissrent les commissures des lvres avec de l'huile de foie de morue pour rendre leur parole plus fluide.
:Les frres avanaient tranquillement sur la route sans mot dire, ils pensaient aux bonnes rparties qu'ils allaient lancer, il fallait que ce soit longuement mdit.
:-- Hol ! hol ! voyez ce que j'ai trouv maintenant ! Ce n'est pas tous les jours qu'on trouve a sur la route.
:Tous les autres habitants du pays se tenaient autour du chteau, juste devant les fentres pour voir la fille du roi recevoir les prtendants.  mesure que l'un d'eux entrait dans la salle, il ne savait plus que dire.
:Euh ! le voil pris, il ne s'attendait pas  a. Il aurait voulu rpondre quelque chose de drle et ne trouvait rien. Euh !...
:-- Il n'y a rien au-del, dit le pre. Nulle part, on pourrait tre mieux que chez nous et je n'ai rien  dsirer.
:-- Si, dit la mre, je voudrais tre porte au chteau, tre cuite et mise sur un plat d'argent. Tous nos anctres l'ont t et, crois-moi, ce doit tre quelque chose d'extraordinaire.
:-- Merci bien, dit la mre, notre fils n'ira pas dans une fourmilire. Si vous n'avez rien de mieux  nous offrir, nous nous adresserons aux moustiques blancs ; ils volent de tous cts sous la pluie et dans le soleil et connaissent la fort.
:-- Nous avons une femme pour lui, susurrrent les moustiques.  cent pas humains d'ici se tient, sur un groseillier, une petite fille escargot  coquille qui est l toute seule et en ge de se marier.
:-- coute un peu, nourrice turque, dit-il, qu'est-ce que c'est que ce grand chteau prs de la ville ? Les fentres en sont si hautes !
:-- C'est l qu'habite la fille du roi, rpondit-elle. Il lui a t prdit qu'elle serait trs malheureuse par le fait d'un fianc, c'est pourquoi personne ne doit aller chez elle sans que le roi et la reine soient prsents.
:L-dessus, ils se quittrent aprs que la princesse lui eut donn un sabre incrust de pices d'or, et c'est cela surtout qui pouvait lui tre utile.
:Et nous nous sentions riches ! Les arbres  feuillage n'taient vtus que l't. Nous, nous avions les moyens d'tre habilles de vert t comme hiver. Mais les bcherons sont venus et a a t la grande rvolution : notre famille fut disperse.
:-- Tu parles trop, dit le briquet. Son acier frappa la pierre  fusil qui lana des tincelles. Tchons plutt de passer une soire un peu gaie.
:-- Je suis vex, dit le panier  provisions, plus que vous ne le pensez peut-tre ! Est-ce une manire convenable de passer la soire ? Ne vaudrait-il pas mieux rformer toute la maison, mettre chacun  sa place ? Je dirigerais le mouvement. Ce serait autre chose.
:Si j'avais voulu, pensaient-ils tous, cela aurait vraiment pu tre une soire trs gaie. La servante prit les allumettes et les gratta. Comme elles crpitaient et flambaient !
:Et c'tait assez naturel qu'il ft curieux de le savoir. Non ce que les gens pouvaient en dire ! chacun avait vu la chose  sa faon, mais tous l'avaient vivement apprcie.
:Il retourna dans la fort pour remonter dans sa malle. O tait-elle donc ? Elle avait brl ; une tincelle du feu d'artifice y avait mis le feu et la malle tait en cendres. Il ne pouvait plus voler, il ne pouvait plus se prsenter devant sa fiance.
:Au-dessus de la commode tait suspendue une grande peinture dans un cadre dor, on y voyait un paysage avec de grands vieux arbres, des fleurs dans l'herbe, une pice d'eau et une rivire qui coulait derrire le bois, passait devant de nombreux chteaux et se jetait au loin dans la mer libre.
:Tous les oiseaux chantaient avec elle, les fleurs dansaient sur leur tige et les vieux arbres dodelinaient de la tte comme si Ole Ferme-l'oeil et aussi, pour eux, racont cette histoire.
:-- Vous pourriez bien rire avec nous, dit le dindon, car c'tait trs spirituel ou bien peut-tre n'tait-ce pas d'un got assez relev pour vous, si haut perche ! Glouglou, madame n'aime pas la plaisanterie. Alors, soyons spirituels entre nous.
:Et il tendit vers lui sa main o tait assise la jolie petite bte. Elle est venue t'inviter au mariage de deux petites souris qui vont entrer en mnage cette nuit. Elles habitent sous le garde-manger de ta mre, il parat que c'est un appartement incomparable.
:D'abord, ils passrent sous le parquet dans un long couloir, juste assez haut pour que l'attelage du d  coudre pt y passer.
:-- La poule est une femme raisonnable, dit la poupe Bertha. Moi non plus je n'aime pas voyager dans les montagnes pour monter et descendre tout le temps ! Nous allons tout simplement nous installer l-bas sur le gravier et nous nous promnerons dans le jardin aux choux.
:-- Voil ! tu vas me raconter des histoires, celle des Cinq pois verts qui habitaient la mme cosse, celle de l'Os de coq qui faisait la cour  l'os de poule, celle de l'Aiguille  repriser si fire d'elle-mme qu'elle se figurait tre une aiguille  coudre.
:Hjalmar vit comment Ole Ferme-l'oeil galopait en entranant des jeunes et des vieux sur son cheval, il en plaait certains devant lui et d'autres derrire, mais toujours d'abord il demandait :
